Partager l'article ! Albin de la Simone n'a plus de micro: Depuis le mois de mai dernier, Albin de la ...
Depuis le mois de mai dernier, Albin de la Simone teste une nouvelle formule de ses concerts. Le principe est simple, il est seul sur scène avec ses claviers et sa guitare. Aucun instrument n'est amplifié, et aucun micro en vue. Les grosses guitares et les solos de saxo n'étant certes pas beaucoup plus présents sur ses tournées passées, les fidèles sont habitués à écouter des chansons présentées dans leur plus simple appareil. On monte toutefois d'un cran sur l'échelle de l'infiniment petit.
Vertige de l'amour d'Alain Bashung en guitare/voix. Une chanson qu'on a tant entendue apparemmment. Et pourtant on se surprend à éprouver les émotions d'une première écoute. La voix est mise au premier plan pour la redécouverte d'un texte et de ce sens de la formule si singulier. Le style d'écriture d'Albin de la Simone se rapproche de celui de Bashung par sa dimension ludique, son gout pour la formule qui fait mouche. Si le lieu commun voudrait que l'écriture d'un bon texte se fasse dans la souffrance, on sent bien que ça ne doit pas être tout à fait le cas chez Albin de la Simone. On devine un plaisir malin à placer des expressions uniquement parce qu'elles l'amusent ("les frères Jacques de l'assassinat" en première ligne). Il doit d'ailleurs la vivacité de ses textes à cette aptitude à jouer avec le langage, qu'on remarque déjà à ses débuts, mais tout particulièrement sur le dernier album.
C'est donc dans cette petite salle du 11ème arrondissement de Paris, dans une chaleur moite, et plongés dans l'obscurité qu'Albin de la Simone nous a chuchoté "Et au fond vous m'entendez?". Et nous lui avons susurré avec un enthousiasme non dissimulé que oui, on l'entendait mieux que jamais. Une sélection de chansons extraites des trois albums se succèdent dans cet espace confiné et sans secrets, où l'on entend les réactions de chacun. La prise en charge spontanée des choeurs par quelques voix éparpillées nous apprend que celles-ci ont déjà fredonné les chansons de Bungalow un certain nombre de fois. Des rires surpris désignent ceux qui diront en sortant qu'il faudrait vraiment qu'ils écoutent les albums des débuts. Le pschitt d'une canette qu'on décapsule dénonce celle qui a pensé qu'elle allait s'accorder un entracte, et que ce serait sur cette chanson. La voix s'élevant épisodiquement du siège voisin pour chanter quelques mots nous renseigne sur les morceaux de textes favoris de son propriétaire. Et les applaudissements toujours soutenus à la fin de chaque chanson ne nous laissent aucun doute sur le fait que tout le monde est en train de passer une très belle soirée.
On insiste souvent, et avec raison, sur les talents de musicien et d'arrangeur d'Albin de la Simone. Mais ce qui fait l'évidence ici, et encore plus que d'habitude, ce sont ses talents d'auteur. Comme illustration parfaite, évoquons la première partie du spectacle, hors-du-commun inutile de le préciser. Albin nous confie qu'il est fasciné par les musiques de films et qu'il aimerait beaucoup s'essayer à cette discipline. Toutefois, il préfère ne pas s'embarrasser des exigences d'auteurs, de producteurs et de réalisateurs. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Il a donc écrit lui-même quelques scènes de films, et en parallèle la musique qui l'illustre. Une comédienne, perchée sur un tabouret et éclairée d'un projecteur, nous lit avec grand talent quelques uns de ces textes. A la fin de chaque scène, la lumière s'éteint et Albin lance la musique correspondante. A nous de créer les images. Et ça marche.
Albin de la Simone sera de nouveau à la Loge au mois d'octobre.
Réservez vos places ici:
http://www.lalogeparis.fr/programmation/125_albin-de-la-simone.php